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Lundi, 10 Oct 2016

Quid d’EBICS au Maroc ?





L’essor d’EBICS en Europe n’est plus à démontrer. Mais quid de son développement au-delà des frontières de l’Union Européenne. Il est un continent qui me semble parfaitement propice à l’adoption d’un protocole d’échange de flux financiers moderne, performant et universel tel qu’EBICS : l’Afrique. Et pour être plus précis, c’est au Maroc que je pense en premier lieu, pour les raisons exposées ci-après.


De longue date, les banques et les institutions financières marocaines se sont inspirées des pratiques bancaires européennes, et plus particulièrement de celles des banques françaises. Ainsi, dans les années 90, les banques marocaines ont emboité le pas aux banques françaises en choisissant le protocole ETEBAC pour les échanges télématiques Entreprise-Banque, offrant ainsi la possibilité aux entreprises marocaines de mettre en œuvre des solutions efficientes de Cash Management.


De même, les formats d’échange utilisés par l’industrie bancaire marocaine se sont fortement inspirés des formats CFONB, que ce soit pour les relevés de comptes ou pour les virements et prélèvements.


A l’heure actuelle, le protocole ETEBAC est toujours utilisé au Maroc. Cependant, il fonctionne en X28 via des PAD privés et les entreprises doivent utiliser des modems analogiques asynchrones qui deviennent introuvables. Il devient donc quasiment impossible de faire croître le nombre d’entreprises utilisatrices du canal ETEBAC.
Les solutions de substitution proposées sont :


Le cadre juridique marocain relatif aux échanges de données numériques et à leurs protections milite en faveur de l’adoption de protocoles d’échanges de données sécurisés avec signature(s) électronique(s). Ce qui dotera les transactions bancaires des fonctions de sécurité requises à savoir authentification, inaltérabilité et intégrité, confidentialité, non rejeu de la signature et non répudiation. Lesquelles sont proposées en standard par le protocole EBICS.

Les banques marocaines, pionnières en Afrique et présentes dans 22 pays du continent, ont besoin de systèmes fiables et éprouvés de transfert de données financières interbancaires transfrontalières pour faire en sorte entre autres que le Maroc devienne un Hub de transferts bancaires permettant ainsi de capter un maximum de transactions d’une manière sûre et moderne. Pour ce faire, EBICS est le protocole approprié.


Par ailleurs, EBICS ne permettra pas seulement d’étoffer l’offre de services existante pour les entreprises, il sera également une réelle opportunité d’innovation pour les banques marocaines qui pourront l’utiliser pour ouvrir de nouveaux services (par ex. e-Invoicing).

Et n’oublions pas deux autres domaines d’utilisation dans lesquels EBICS serait parfaitement opérant :

Fort de ce qui précède, le protocole EBICS qui – comme tout lecteur du blog a pu le constater – se déploie rapidement en Europe grâce à son universalité, sa facilité de mise en œuvre, son haut niveau de sécurité et son absence de coûts récurrents, me paraît être une alternative de choix pour les échanges Business to Bank et Bank to Bank. Si, en outre, l’adoption de la norme ISO 20022 venait à être considérée par les banques marocaines, un grand pas serait alors franchi vers une harmonisation et une standardisation des échanges de flux financiers qui apporterait une simplification et une optimisation des transactions avec l’Europe. Ce point me semble d’autant plus important que la proximité du Maroc avec le continent européen a bénéficié à l’économie marocaine dans la mesure où cette dernière a profité des nombreuses délocalisations effectuées par les entreprises européennes.


Se pose alors la question de la migration vers EBICS. Est-ce un chantier si complexe qu’il puisse constituer un obstacle à l’adoption de ce protocole ? Si l’on se réfère à la façon dont la migration s’est déroulée en France, je ne le pense pas. L’expérience acquise à cette occasion, non seulement par les éditeurs de logiciels pour banques et entreprises mais aussi par des banques françaises implantées au Maroc, serait un gage de migration en douceur, sans risque de devoir « essuyer les plâtres ».